Obsèques israélites et le rite funéraire juif

Les rites funéraires juifs sont variables en fonction des différentes communautés. La célébration est sobre : le cercueil est simple, sans fleurs.

La mise en terre doit avoir lieu le plus rapidement possible.

Obsèques israélites: Le rite funéraire juif

La connaissance de la Tora est fondamentale dans la compréhension des cérémonies funéraires israélites. Dans cette optique, la vie terrestre n’est qu’une étape vers la vie éternelle auprès de Dieu. Les fidèles appréhendent donc la mort avec une certaine sérénité. Ce qui signifie pas pour autant, l’exemption de douleur pour les proches. La mort d’un proche nous renvoie de toute façon systématiquement à notre propre finitude : c’est l’occasion, pour les Juifs, de s’éloigner du matérialisme, d’élever son âme.

Le rite funéraire juif

Avant l’inhumation :

Le passage de la vie à la mort

Le corps du défunt ne doit pas être touché tant que l’âme ne l’a pas quittée pour gagner le monde des morts. Le « Shema Israël » (‘Deut. 6,4′) peut alors être récité : « Shema Israël, écoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est un ». Les yeux et la bouche du défunt sont traditionnellement fermés par la main du fils.

Veiller le défunt

Le défunt, nu, recouvert d’un drap blanc par les amis de la famille est allongé sur le sol, une bougie au niveau du visage et des pieds. Des veilleurs récitent des psaumes sans interruption jusqu’à l’inhumation. Traditionnellement, on cache les miroirs et les portraits dans la demeure.

La Tahara (purification)

Cette purification suit un rituel funéraire très codifié. Les membres de la confrérie « Hévra Kadicha » habillent le défunt d’une toile blanche. Les proches défilent alors devant le défunt et lui demandent pardon pour les torts qu’ils ont pu lui causer.

Déchirer son vêtement

Debout, après la bénédiction, les plus proches parents déchirent un morceau du vêtement qu’ils portent au niveau du cœur, symbole de la grande douleur vécue.

Pendant l’enterrement :

La cérémonie est très sobre, sans fleurs ni couronnes.

On descend le cercueil pendant la lecture du « Tsidouk Hadin ».

Vivre le deuil

Les trois étapes du deuil sont imposées aux sept membres les plus proches (parents,fratrie, conjoint, enfants).

Pendant une semaine

Cette période, nommée « Chive’a », débute après l’enterrement et se termine après l’office du septième jour. Des personnes extérieures à la famille doivent se charger de la préparation du premier repas post-obsèques. Durant cette période, ceux qui portent le deuil sont invités à méditer sur le sens de la vie et à extérioriser leurs souffrances. Toute chose plaisante est rigoureusement bannie : il est interdit de travailler, de se laver (à l’exception du visage, des mains et des pieds), de se raser, de lire la Tora, de quitter son domicile, etc. Pendant cette semaine, une veilleuse est allumée en souvenir du défunt. Les interdits sont levés pour le jour saint du shabbat.

Pendant trente jours

Nommée « Chelochim », cette période est moins stricte, notamment en ce qui concerne la toilette et l’habillement.

Pendant un an

Seuls les enfants du défunt voient leurs obligations relatives au deuil s’étendre sur une année. Les Juifs considèrent que l’âme du défunt est jugée dans l’année suivant le décès. Le comportement de ses enfants, de sa famille peuvent racheter les fautes du défunt. Ainsi, matin et soir, les enfants doivent se rendre à la synagogue pour y réciter le Kaddish.

Obligations et interdits

Relatifs aux soins de conservation

Les soins de conservation sont prohibés ( considérés comme une attaque au corps ).En théorie, cette pratique funéraire est obligatoire lors d’un rapatriement de corps vers Israel selon la loi française. En pratique, ils ne sont jamais effectués.

Relatifs à l’inhumation

La Tora exige que les morts soient mis en terre. Tout corps privé de sépulture condamne l’âme qui l’a habité à ne pas connaître le bonheur éternel. La crémation est strictement interdite, considérée comme une attaque au corps.

Relatifs à l’exhumation

Cette pratique funéraire est normalement interdite par la loi juive. Elle est toutefois permise dans le cadre d’un transfert du corps vers Israël.